"La qualité d'un véritable panama dépend de la sélection de la paille, de la finesse de la trame, de l'uniformité du tressage et de la régularité de la bordure. Elle se mesure à la quantité de tours que comporte le fond du chapeau appelé rosette qu'on distingue lorsqu'on retourne le chapeau devant une source de lumière."


Comme chacun sait, les panamas n’ont pas pour origine l’état du même nom mais celui de l’Equateur. Le début de l’artisanat de ce chapeau de paille unique au monde remonte au 17ème siècle. Ce chapeau historique traversera le siècle des Lumières avec les conquistadores espagnols et les savants français chargés de calculer le méridien sur la ligne de l’Equateur avant d’être offert a Napoléon en exil à Sainte Hélène. Devenu indispensable sous le soleil entre les océans et la jungle verte, la légende la plus courante à la fin du 19ème siècle raconte que ce nom a été donné aux chapeaux que les équatoriens ont vendus aux ingénieurs de Ferdinand de Lesseps durant la construction du canal de Panama et que le président Roosevelt coiffera lors d’une visite sur le chantier.

De la cordillère des Andes, de Montecristi près de Guyaquil à Cuenca, à l’intérieur du pays, ce chapeau va traverser les océans et devenir à la mode à Paris à la Belle Epoque où séjournent les riches rois du cacao équatorien et envahira l'Angleterre et le Nouveau Monde.

La palme utilisée pour la confection des panamas est connue sous le nom de Cardulovica palmata qui pousse dans une région s’étendant des contreforts des Andes sur la côte du Pacifique à l’Amazonie communément appelée « paja toquilla ». Elle est rassemblée dans les fermes où elle est lavée, étuvée, décortiquée, séchée pour être vendue soit sur les marchés locaux ou expédiée dans les lieux de production comme Cuenca.
Le séchage de la paille





Selon de la qualité de la paille employée, le talent du tisserand, le temps passé à sa réalisation, on peut distinguer la finesse d’un panama : les ordinaires, les médiums, les Finos et Superfinos. Le plus mythique, le Montecristi est tissé sur place, à certaines heures de la journée et le temps de fabrication peut durer plus de trois mois. C’est le seul qui a toutes les qualités pour être plié et passé dans le trou d’une alliance bien qu’aujourd’hui il y ait de moins en moins d’artisans capables d’un tel ouvrage.



Les panamas que Christian achète sont importés de la région de Cuenca  en Equateur où sont réunis les principaux ateliers de finition qui forment au marteau les chapeaux tissés par  les artisans, les teignent, les bordent avec les rubans avant de les expédier sur tous les continents.

 

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